Progrès ou menaces de la robotique militaire russe ? | La guerre des robots
"Les autorités russes viennent d’annoncer très officiellement que l’unité de robots de combat Platform-M a été intégrée pour la toute première fois à un dispositif opérationnel déployé à l’occasion d’une campagne d’exercices militaires", rapporte le site Diploweb, "le premier site géopolitique francophone", dans un article écrit par Thierry Berthier, Maître de conférences à l’Université de Limoges, qui effectue ses recherches au sein de la Chaire de Cybersécurité & Cyberdéfense Saint-Cyr – Thales.
Ce robot composé d’une plateforme à chenilles téléguidée lourde de 800 kilos et dotée d’une mitrailleuse, de lance-grenades et de missiles anti-char et qui est capable de se déplacer à une vitesse de 12 kilomètres par heure, a été dévoilé au public russe à l'été 2015.
"Cette unité composée exclusivement de robots a participé à l’ensemble des exercices qui ont eu lieu mi-juin 2015 dans la région de Kaliningrad (enclave russe en Europe de l'Ouest) et a donné entière satisfaction," explique Thierry Berthier."Platform-M est une plate-forme robotisée "télécommandée » de combat dédiée au renseignement, à la détection et à la neutralisation de cibles fixes et mobiles (...) Cette dernière campagne russe a permis de mesurer l’efficacité réelle d’un groupe de combat robotisé engagé aux côtés de forces russes conventionnelles."
Exercice réussi
"Chaque robot Platform-M peut être doté de fusils d’assauts de type Kalachnikov, de quatre lance-grenades ou de missiles antichar en fonction de la nature de la mission (...) "Selon le scénario retenu pour l’exercice, des commandos parachutistes russes, appuyés par des troupes de marine, des avions de combat SU34, SU24 et des hélicoptères MI-24, devaient reprendre au plus vite le contrôle d’une zone géographique tombée aux mains d’insurgés disposant eux aussi d’armements lourds (...) A l’issue de l’exercice, le bureau de communication de la région militaire ouest précisait que l’unité de robots Platform-M avait reçu comme objectif principal la neutralisation des groupes armés insurgés engagés en contexte urbain et qu’elle avait procédé au traitement des cibles fixes et mobiles. Le groupe de Platform-M a également construit un passage sécurisé dans un champ de mines laissé par l’ennemi. Durant sa mission, l’unité de robots a été accompagnée et a collaboré avec une escadrille de petits drones de reconnaissance de type Grusha BPLA déployés à proximité de la zone d’intervention."
Tradition russe
Ce robot russe mis en service n'est pas le premier. Comme le souligne Diploweb, il y a une longue tradition russe en robotique militaire née de la conquête spatiale.
Depuis cette époque, la Russie a largement progressé et en 2014 a été annoncée la création de la première faculté de robotique militaire. "Les Troupes balistiques stratégiques accordent une grande attention à l'études du potentiel des robots militaires. Une filiale de l'Académie militaire des RVSN située à Serpoukhov, dans la région de Moscou, commencera à former des spécialistes dans ce domaine à partir de 2015."
En novembre 2014, "le ministère de la défense russe a officiellement approuvé la semaine dernière la stratégie de développement des systèmes robotisés, encadrant l'utilisation de robots par l'armée nationale. En vertu de ce document, les armes autonomes seront largement employées par les troupes russes d'ici 2017 ou 2018, et représenteront 30% de l'ensemble du matériel militaire en service d'ici 2025. Certains systèmes de ce genre sont cependant déjà en utilisation, tandis qu’une série autres passent actuellement des tests avant de prendre du service", rapporte le site RBTH.
Ainsi, le robot téléguidé sous-marin Gnom ("nain"), après avoir passé des essais dans la mer Baltique en 2005, est entré en service dans la Marine russe.
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