Délinquance: les statistiques nouvelles sont arrivées | Vu de l'intérieur

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Le ministère de l’intérieur a cette particularité - probablement commune à de larges pans de l’administration française, mais ce blog se concentre sur la Place Beauvau - de tenter de régler les problèmes en les contournant, et donc en rajoutant une couche supplémentaire à un millefeuille dont les capacités d’empilement paraissent infinies. Lundi 5 octobre, les journalistes étaient conviés, dans les locaux du ministère de l'intérieur, à une présentation du nouveau Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), créé en 2014 sous l’impulsion de Manuel Valls pour régler la question lancinante de la fiabilité de la statistique policière et gendarmique. Mardi 6 octobre, ces travaux portent leurs fruits: le service lance son tout nouveau site Web sur les statistiques de la délinquance, Interstats.
Les distraits pourront y voir un progrès vers la transparence dans ce domaine (et ils n’auront pas complètement tort, d'ailleurs); les autres auront simplement l’impression de vivre une redite de 2003, qui avait vu, pour des raisons quasi-similaires, la naissance de l’Observatoire national de la délinquance (OND). Devenu en 2009 Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP), placé au sein de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj), et donc sous la tutelle du premier ministre, l’ONDRP est supposé, entre autres, "recueillir les données statistiques relatives à la délinquance et à la criminalité" et "organiser la communication à l'ensemble des citoyens de ces données à travers des publications régulières et leur mise en ligne sur un site Internet" (décret n° 2009-1321 du 28 octobre 2009).
Et le SSMSI? Il va recueillir les données statistiques de la délinquance et de la criminalité, et organiser leur communication à l’ensemble des citoyens sur... un site Internet. Rien à voir, donc… Selon son patron, un inspecteur général de l’Insee, François Clanché, la coexistence n’est pas inédite - Insee/INED pour la démographie, Insee/Onpes pour la pauvreté, etc. Elle intrigue néanmoins, d’autant plus que le nouveau site du ministère va publier non seulement les chiffres de la délinquance enregistrée par les services de police et de gendarmerie mais également ceux de l’enquête de victimation annuelle, organisée par l'Insee et... l'ONDRP. L'enquête menée auprès d'un échantillon de de 17 000 personnes en moyenne permet d’approcher au plus près de la réalité de la délinquance subie, au contraire des chiffres du ministère de l'intérieur qui ne concernent que les faits portés à la connaissance des policiers et des gendarmes.
Sélection de neuf indicateurs
Au delà de cette coexistence, quoi de neuf sous le soleil du sujet polémique des statistiques de la délinquance? M. Clanché assure que le nouveau service, même s’il est au sein du ministère de l’intérieur, est indépendant, protégé par le statut des services statistiques ministériels de 1951. Selon lui, il a la maîtrise totale des dates et des contenus publiés, choisis selon des critères "techniques". A l'inverse, la crédibilité de l'ONDRP a longtemps pâti, à tort ou à raison, de la proximité du président de son conseil d'orientation de 2003 à 2012, Alain Bauer, avec Nicolas Sarkozy.
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