Le streaming rapporte plus que les disques - L'Express L'Expansion

source Avec le streaming, la musique ne sait plus sur quel pied danser - L'Express L'Expansion:



C'est une première. Aux Etats-Unis, les revenus du streaming ont dépassé ceux des supports physiques au premier semestre 2015.Selon les derniers chiffres de la RIAA (Recording Industry Association of America), dans un marché global de la musique stagnant, le streaming a représenté près d'un tiers du marché de la musique, dépassant pour la première fois le milliard de dollars de revenus (1,02 milliard). Ce mode de consommation reste encore en deçà du téléchargement (1,26 milliards), mais si la tendance se poursuit, il le dépassera prochainement. Seul bémol: le nombre d'abonnés n'a augmenté que de 2,5%, tandis que les revenus augmentaient de 25%. Ce qui indique a priori un gros turnover

...Mais le vinyle rapporte plus que le streaming gratuit

Le streaming gratuit, c'est-à-dire la part des revenus du streaming venant de l'écoute gratuite financée par la publicité, a rapporté 163 millions de dollars au premier semestre (+27% sur un an) aux Etats-Unis. Sur la même période, les ventes de disques vinyle ont totalisé226 millions de dollars (en progression de 52%).  

Les chiffres embarrassants de Deezer

Deezer, qui a annoncé son intention de s'introduire en Bourse d'ici à la fin de l'année, sera la première plateforme de streaming cotée (si l'on exclut Apple Music). A priori, c'est une bonne nouvelle pour le secteur. Mais le document de base de la société, déposé à l'Autorité des marchés financiers, a de quoi donner des sueurs froides aux investisseurs.  
On apprend notamment que la plateforme compte davantage d'abonnés actifs "bundle" (pour lesquels Deezer fait partie d'un bouquet de services) que d'abonnés qui ont vraiment fait le choix d'y souscrire : fin 2014, 55% des internautes qui se sont connectés au moins 30 secondes au service le mois précédent ont été abonnés d'office, pour la plupart en souscrivant un forfait auprès de leur opérateur télécom, contre 45% d'abonnés "volontaires". De même, la plus grosse source de revenus (49%) pour Deezer, ce sont ces "bundles", pas les abonnés volontaires (46%). 
Pire encore: sur les 6,9 millions d'abonnés à Deezer, 4 millions sont des abonnés "bundle" inactifs. Autrement dit, on leur offre gratuitement le service et ils ne l'utilisent même pas. Pas très encourageant... Un million de ces abonnés fantômes génèrent quand même du chiffre d'affaires, car l'opérateur verse au site un montant forfaitaire par abonné, quel que soit son usage du service. Enfin, une autre statistique est cruelle pour le site: en réalité, 56% seulement des abonnés génèrent des revenus. 

Quelles conclusions en tirer ?

Si la montée en puissance du streaming comparée au reste du marché ne fait pas de doute, son potentiel à court terme pour faire retrouver des couleurs au marché de la musique laisse perplexe. Le problème du streaming n'est pas à aller chercher dans la dématérialisation: les consommateurs sont attachés à l'objet seulement dans des cas particuliers -comme le vinyle, considéré comme un objet de collection- la preuve, les ventes de CD continuent de plonger (encore -27% aux Etats-Unis au premier semestre). 
Il ne s'explique pas non plus par le fait que la musique "n'appartient pas" à l'utilisateur puisque le téléchargement est en baisse lui aussi, ni par le prix. Le streaming gratuit ne fait pas recette et beaucoup d'abonnés qui ne paient pas -on le voit avec Deezer- n'utilisent pas le service. 
Le problème réside essentiellement dans l'usage. Il faut croire que la masse des consommateurs n'a pas encore trouvé l'offre dématérialisée qui lui convenait. Qui sera le premier à lui apporter? 
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