le Français qui rend la science plus populaire que les chatons de YouTube - L'Express L'Expansion
Fred et Jamy ont pris un gros coup de vieux. Sur Youtube, une nouvelle génération de passionnés s'essaye à la vulgarisation scientifique avec talent. Sauf que les podcasters intéressants sont bien souvent anglophones: Veritasium, Minute Physics, Vsauce... Bruce, créateur de la chaîne e-penser, s'est lancé fin 2013 quand il s'est aperçu que cela manquait en France. Il a bien fait: en un peu plus d'un an, ses vidéos ont réuni plus de 200 000 abonnés et près de 10 millions de vues. L'Express l'a rencontré.
A première vue, le bonhomme détonne dans le paysage des YouTubers. Trentenaire, ingénieur logiciel à son compte depuis 2006, Bruce n'avait jamais fait de vidéos avant septembre 2013 -mis à part un court-métrage perso "pourri" qu'il n'a jamais mis en ligne, nous confie-t-il. Le déclic lui vient pendant ses vacances d'été, en traînant sur Internet avec son frère. Après avoir découvert plusieurs chaînes scientifiques anglo-saxones, l'envie lui prend de se lancer dans l'aventure.
Le succès des vidéos sérieuses
Il faut dire que ces sujets le passionnent depuis toujours. "Vous connaissez la série Friends? Moi, dans tous mes groupes d'amis, je suis un peu Ross: le paléontologue qui parle de sciences et que personne n'écoute." Son public, il va vite le trouver sur YouTube. Fin avril 2014, Antoine Daniel (deux millions d'abonnés) le met en avant dans une de ses vidéos, saluant "une chaîne qui parle de science mais de façon très très simple, avec beaucoup d'humour". Un gros coup de pouce qui va tripler le nombre d'abonnés de Bruce, de 8 000 à 25 000 environ. Et le soufflet n'est pas retombé.
Ce succès est d'autant plus remarquable qu'e-penser traite de sujets sérieux, là où les vidéos les plus regardées ont souvent trait au divertissement. Le champ profond de Hubble, la relativité restreinte, la fusion thermonucléaire... "Tant que je me sens suffisamment à l'aise, je ne m'interdis rien." Et Bruce ne transige pas: pour aller au fond des explications, il faut bien 10, 20 voire 30 minutes.
"C'est sûr que si je faisais une vidéo sur la 'sextape des Pokémons' je ferais plus facilement des vues", sourit-il. "Ma fierté c'est de voir que plus de 200 000 personnes peuvent regarder une vidéo sur la flèche du temps. J'aime que les internautes aient un avis éclairé après avoir regardé la vidéo."
Des conditions de tournage artisanales
Sa recette pour intéresser son auditoire? D'abord, se documenter sur le sujet. A fond. "Des fois, ça peut prendre plus de 10 heures pour une vidéo", explique-t-il. Reste ensuite à trouver le déclic. "Ce qu'il faut, c'est la bonne analogie pour que l'explication parle aux gens. Après, je cherche le bon angle et j'agrémente le tout avec des blagues."
En savoir plus sur http://lexpansion.lexpress.f
'via Blog this'