Demain, tous industriels ?

LIEN SOURCE
Demain, tous industriels ? - Books: Livres et idées du monde entier:


Demain, tous industriels ?

Le Web donne désormais aux bricoleurs imaginatifs la possibilité de fabriquer eux-mêmes leurs trouvailles. En filigrane, la révolution du « sur-mesure de masse ».

Le Livre

Makers. La nouvelle révolution industrielle
makers
Tout ce qui est « numérisable » – musique, images, texte – est voué à migrer tôt ou tard vers le Net. Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired et grand détecteur de tendances s’il en est, a décrit par le menu dans La Longue Traîne ce processus qui élimine les disquaires, raréfie les librairies, et fait frémir journaux et éditeurs. Mais nous pensions jusqu’alors que l’« effet Internet » ne concernait que l’immatériel, soit une petite fraction de l’économie (à peine 20 % du PNB américain, par exemple).
Cette fois-ci, l’auteur montre que la Toile a pénétré le cœur même du moteur économique, l’industrie. Mais plutôt pour voler à son secours. « Tout comme le Web a changé, redistribué, accéléré la diffusion de l’information, il permettra de concevoir et même de fabriquer des produits depuis son bureau, ce qui transformera un processus lourd et demandeur de capital en un processus souple et essentiellement demandeur de créativité », écrit Daniel Grushkin dans Business Week.
Grâce aux logiciels 3D, on peut en effet « modéliser » un objet en trois dimensions, puis le faire exécuter au moindre coût, en petites séries voire à l’unité, à l’autre bout du monde ou bien dans son garage, par une imprimante 3D (qui procède en superposant, comme de la laque, des filaments de plastique ou de matière organique). Mieux encore : les plans peuvent circuler sur le Net en « open source », et faire l’objet de multiples améliorations. C’est l’essence du « Maker Movement », explique Peter Marsh dans le Financial Times : « Une communauté, surtout américaine, de gens qui collaborent afin de concevoir et fabriquer des objets. » Voici donc l’avènement, proclame tout de go Chris Anderson, de la « troisième révolution industrielle » : celle du « sur-mesure de masse ».
Le livre fourmille d’exemples concrets, surtout américains ou asiatiques. Comme « Square », un lecteur de cartes de crédit pour téléphones portables, ou bien « BrickArms », qui fabrique des armes pour personnages Lego… Anderson cite à l’envi ses réussites personnelles, avec des systèmes d’arrosage automatiques gérés par iPhone, ou un site de fabrication de drones individuels. Toutes ces success stories utilisent peu ou prou les mêmes recettes : pas de frais de recherche, car la communauté des « Makers » et l’« open source » fournissent une assistance bénévole ; faibles investissements de départ, puisqu’on peut fabriquer et tester les prototypes pour presque rien ; pas de charges financières, car le « crowd-funding (1) » permet de d’échapper aux banques ; même la distribution évite le circuit classique, au profit de « Web-stores ». On peut donc oublier Marx : pourquoi donc posséder collectivement les moyens de production, puisque, grâce à Internet et la 3D, il suffit de les louer, au cas par cas, et aux meilleures conditions ?

1| Levée de capital sur le Web par petits montants souscrits par un grand nombre d’investisseurs.

'via Blog this'

Posts les plus consultés de ce blog

MACHINE A VOTER égal à 1 million

Qui sont les propriétaires des médias français

Où sont passés les 723,8 milliards du plan de relance européen ?