20’000 lieues sous Google

LeTemps.ch | 20’000 lieues sous Google:

Près de 90% du contenu du Web échappe aux moteurs de recherche. C’est le «Deep Web» ou la face immergée de l’iceberg numérique. Un territoire invisible et profond où cohabitent incognito «whistleblowers», blogueurs dissidents, dealers, pédophiles et tueurs à gages. Bienvenue dans les abysses de la matrice

La presse anglo-saxonne le surnomme «le plus grand conseiller en pornographie infantile au monde». Arrêté début août par le FBI, Eric Eoin Marques de son vrai nom est accusé d’être le cerveau de Freedom Hosting, un service web accessible sur le réseau anonyme Tor qui héberge des milliers de forums pédophiles. Cet Irlandais de 28 ans aurait favorisé l’échange de milliers de fichiers de pornographie infantile et conseillé d’autres pédophiles sur la manière d’abuser sexuellement des enfants sans se faire arrêter.

En Australie, Paul Leslie ­Howard croupit dans une prison de Melbourne en attendant le verdict du tribunal. Le trafiquant de 32 ans encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement pour la vente de cocaïne, amphétamines, LSD, MDMA et marijuana. Une large palette de substances illicites qu’il se procurait et fournissait à des prix défiant toute concurrence sur la Silk Road (la route de la soie), la plateforme commerciale uniquement accessible sur le réseau anonyme Tor. Paul Leslie ­Howard et Eric Eoin Marques, deux cybergangsters au sein d’une nébuleuse criminelle cachée active sur le «Deep Web».

Les milliards d’internautes lambda l’ignorent. Le Web tel que nous le connaissons n’offre que 10% seulement de son contenu. C’est la pointe visible de l’iceberg. Les 90% restants représentent la face cachée de la Toile, soit plus d’un trilliard de données accessibles en ligne, mais invisibles des moteurs de recherche classiques. On l’appelle le «Deep Web» (Web profond) ou Web invisible, un cyberespace insondable et abyssal dont l’entrée et le contenu ne s’offrent qu’à une poignée d’initiés.

Profondeurs obscures

Le Web est à l’image d’un océan. A sa surface, les moteurs de recherche classiques. Avec l’aide de leurs robots d’indexation, ils parcourent les pages web en naviguant de lien en lien. Les moteurs de recherche aspirent, archivent et indexent le contenu de chaque page visitée. Cette matière visible et accessible à tous est stockée dans les serveurs. Ainsi, Google dispose de plus de 1 million de serveurs dans le monde, tout comme Microsoft. Yahoo! en compte plus de 50 000 et Facebook 180 000. Ces serveurs connectés entre eux hébergent notamment les milliards de pages web aspirées sur lesquelles nous surfons.

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