Une Jeep piratée à distance : Chrysler rappelle 1,4 million de véhicules à l'usine
Les nouveaux modèles seront pour leur part équipés d'un dispositif empêchant tout accès à distance du système informatique du véhicule, a assuré l'ex-groupe Chrysler, qui dit effectuer ce rappel à titre préventif car «aucun défaut n'a été détecté» par ailleurs dans les véhicules. Et qui indique au passage: ce «rappel s'aligne sur la distribution en cours du logiciel qui isole les véhicules connectés d'une manipulation à distance, laquelle, si elle n'est pas autorisée, constitue un acte criminel», souligne le groupe automobile.
«Acte isolé»
Cette affaire a relancé les craintes et interrogations des experts et des consommateurs sur la sécurité des automobiles connectées et de leurs systèmes multimédias embarqués alors que s'annoncent les véhicules autonomes dans les deux-trois prochaines années. Ces nouvelles technologies de pointe, censées rendre les véhicules plus sûrs et fiables, les rendraient vulnérables aux attaques de hackers, selon des analystes.
Les sociétés de sécurité informatique américaines Mission Secure Inc (MSi) et Perrone Robotics Inc assurent que les pirates pénètrent ces systèmes grâce aux connexions sans fil, bluetooth et wifi, nécessaires au bon fonctionnement des véhicules connectés.
S'il reconnaît que les craintes sont «légitimes», Ron Montoya, analyste au cabinet spécialisé Edmunds.com, estime néanmoins que l'attaque contre la Jeep est un «acte isolé». «Ca ne peut être effectué que dans un véhicule spécifique. ça ne peut pas être répliqué en masse», avance-t-il.
L'analyste souligne par ailleurs que l'industrie a fait des «vulnérabilités» supposées des automobiles connectées une «priorité», ce qui a conduit les groupes automobiles à mettre de côté leurs rivalités et à joindre leurs forces. «C'est le seul secteur où les constructeurs travaillent ensemble», insiste-t-il.