Tour Eiffel : quand l’invisibilité des femmes devient une consigne officielle
Elles devaient accueillir une délégation hindoue. On leur a ordonné de s’effacer. Devenir invisibles. La consigne est tombée, glaciale, administrative, comme une note de service ordinaire : les femmes salariées de la tour Eiffel et celles des entreprises prestataires devaient se faire oublier. Le personnel, lui, n’a pas avalé la pilule. Il a parlé de « situation grave », de « profondément contraire aux valeurs d’égalité et de non-discrimination. La Société d’exploitation de la tour Eiffel (SETE) a reconnu les faits : la délégation avait demandé à limiter les « interactions avec les femmes ». Elle a admis que « ces conditions n’auraient pas dû être acceptées », promettant d’en tirer « toutes les conséquences ». Arrêtons-nous un instant sur ce petit chef-d’œuvre d’euphémisme managérial : s’invisibiliser. Ce n’est pas un ordre, c’est une injonction à l’autodévoration. On ne dit pas « cachez-vous », on dit « faites comme si vous n’étiez plus une donnée sensible de ce monde ». La forme...